Lettre ouverte de l’Association Falun Gong France aux médias

Le célèbre avocat canadien spécialiste du droit des réfugiés, David Matas, a analysé ceci:             

Quand les journalistes soulèvent des questions qui font planer un doute sur un groupe de personnes, cela contribue à opprimer des innocents en présentant l’histoire sous l’angle du persécuteur. Par exemple : « Les Noirs sont-ils des criminels ? Est-ce que les Juifs contrôlent le monde ? […] Le Falun Gong est-il une secte ? »

La simple tentative de poser ces questions ou d’y répondre donne du crédit à la propagande. Cela marginalise automatiquement ce groupe de manière intolérante et discriminatoire parce que cela crée l’idée dans l’esprit des gens que « peut-être que les Falun Gong, les Juifs ou les Noirs ou les Rwandais méritent ce qui leur arrive. »

Cela provoque ensuite indifférence et silence dans la société, permettant aux atrocités de continuer. C’est ainsi que de tels reportages contribuent à la persécution en cours, à l’oppression et à la discrimination contre le Falun Gong.

Suite à différents articles parus récemment et depuis 22 ans diffamant le Falun Gong, nous souhaitons nous adresser à toute la profession. Le préjudice que nous subissons dépasse la réputation et l’honneur de nos pratiquants en France.

Nous devons noter que certains d’entre vous, notamment chez Mediapart, Le Figaro, Libération, L’Obs, Vice, France Info, France Inter, France 5 etc (voir revue de presse) ont réalisé des articles de qualité sur le Falun Gong mais en 22 ans, ils sont minoritaires. 

Malgré les efforts de certains journalistes pour rappeler que les très sévères Miviludes et UNADFI en France n’ont jamais reçu de plaintes sur le mouvement en France, le terme de “secte” continue d’être repris dans une majorité d’articles.

Savez-vous qu’il s’agit d’une campagne de diffamation orchestrée par le régime chinois, depuis 1999, en Chine et à l’étranger, précisément pour persécuter des gens en raison de leurs convictions spirituelles ?

Pour retracer l’origine de la terminologie, c’est en France dans un article du Figaro où le dictateur Jiang Zemin se faisait interviewer en octobre 1999, que la campagne de diffamation a débuté. 

Je comprends que le terme de “secte” dans un article puisse davantage attirer l’attention du lecteur que ceux de “mouvement pacifique” ou “méthode bouddhiste” ou encore “méthode de méditation”, mais ce terme diffamatoire implique une incitation à la méfiance, voire à la haine, qui nous est fort préjudiciable, et pas seulement à nous :   

1. Je pense aux millions de personnes en Chine qui sont persécutées sur la base précisément de ce terme discriminant, depuis 22 ans maintenant, avec une violence inouïe.                  

2. Des centaines de réfugiés politiques chinois viennent en France pour échapper à cette persécution et à cette diffamation quotidiennes làbas. Ils sont surpris de voir qu’en France certains médias libres reprennent un argument comme celui-là, inventé par le régime qui les persécute.

3. Le terme de “secte” diffame aussi tous les bénévoles qui s’engagent depuis des années pour informer et mobiliser sur la cause du Falun Gong. Il porte atteinte à leur honneur et nuit injustement à leur vie privée.                  

4. En tant qu’Association en France, quand les élus et ONG que nous sollicitons tombent sur de tels articles, que pensent-ils de nous ? Combien d’entre eux choisissent de défendre les êtres humains persécutés en Chine en ignorant cette diffamation médiatique ? Combien s’arrêtent net pour ne pas être associés à un mouvement frappé d’une telle réputation ?             

5. Pour les dizaines de milliers de sympathisants qui ont signé nos pétitions depuis 22 ans, certains nous ont déjà fait des retours. C’est incompréhensible, tellement loin de tout ce qu’ils savent du Falun Gong. Ce sont des personnes averties, dont certaines célèbres, qui ont affiché publiquement leur soutien à la cause du Falun Gong.                 

Ces personnes se renseignent, font des recherches et se font leur propre idée. Si le Falun Gong cachait une réalité sombre et dangereuse comme le titre de certains articles le laissent supposer, lors de nos activités publiques, les passants ne nous témoigneraient pas un soutien aussi enthousiaste.

Sans rien retirer au travail d’enquête de certains d’entre vous, au contraire, le terme “secte” gagnerait à être retiré de tous les articles, (et remplacé par exemple par “méditation interdite en Chine”) non seulement parce qu’il provient d’une campagne mensongère, mais surtout parce qu’il nuit à la réputation et aux efforts humanitaires de nombreuses personnes, en France, en Chine et dans tous les pays où le Falun Gong est pratiqué. Enfin, cela nuit aussi à la crédibilité de vos reportages et aux marques de vos médias. 

Je serais heureux de vous rencontrer pour vous apporter, au besoin, une variété de sources étayant mes propos.

Alain Tong

Président de l’Association Falun Gong France

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