Violences et intimidations lors de la fête des lanternes à La Réunion : des réfugiés chinois agressés
Une mère de famille chinoise, pratiquante de Falun Gong et réfugiée à La Réunion, a été victime d’intimidations et de violences de la part des agents de sécurité lors de la fête des lanternes à Saint-Pierre. Un autre réfugié a également subi des agressions similaires.
Saint-Pierre, La Réunion — Mme Shan (pseudonyme), une mère de famille chinoise pratiquante de Falun Gong, a été emprisonnée et torturée à plusieurs reprises en Chine avant d’être reconnue comme réfugiée et résidente à La Réunion. Le 16 février 2025, elle a subi des violences et des intimidations de la part du service de sécurité lors de la fête des lanternes organisée par des associations chinoises locales.
L’agression s’est produite alors que Mme Shan distribuait, sur le trottoir d’en face et à l’extérieur de l’enceinte des festivités, des documents informant sur la persécution des pratiquants de Falun Gong en Chine. Ces documents dénonçaient les arrestations arbitraires, les emprisonnements, les tortures et les prélèvements forcés d’organes dont sont victimes les pratiquants de cette discipline.
Une agression préméditée
Selon Mme Shan, plusieurs agents de sécurité, d’abord trois à quatre femmes en vêtements noirs, puis trois à quatre hommes en uniforme noir, l’ont encerclée avant de la brutaliser et de lui arracher ses documents. Aucun d’entre eux ne s’est identifié ni n’a présenté de badge officiel.
« Ils m’ont violemment contrôlée et m’ont volé mes tracts par derrière. J’ai ressenti une douleur intense aux épaules et au dos », témoigne Mme Shan.
En tentant de filmer les faits pour recueillir des preuves, elle a été à nouveau prise pour cible. Une agente de sécurité a tenté de lui arracher son téléphone, brisant son collier dans l’altercation. Se sentant en danger, elle s’est réfugiée dans la foule et a couru vers la plage, où elle a retrouvé son fils mineur. Plusieurs agents de sécurité et des femmes chinoises vêtues de rouge l’auraient suivie pendant un moment.
Une seconde agression signalée
M. Zhen (pseudonyme), un autre pratiquant de Falun Gong et réfugié à La Réunion, a subi une agression similaire ce même jour. Alors qu’il distribuait des tracts près d’un parc de jeux d’eau, en dehors de la zone du festival, un agent de sécurité en noir, portant des lunettes de soleil, a surgi en courant et lui a arraché une trentaine de tracts sans justification.
Lorsqu’il est entré dans l’enceinte du festival pour tenter de récupérer ses documents, plusieurs agents l’ont immédiatement repoussé. « Ils m’ont saisi par les épaules, m’ont poussé hors de leur périmètre et m’ont encerclé sur la plage », rapporte-t-il. Se sentant menacé et impuissant, il a décidé de se retirer. Les agents de sécurité l’ont alors suivi et observé pendant un long moment avant d’abandonner leur surveillance.
Une atteinte à la liberté d'expression
Aucune loi française n’interdit la distribution de documents d’information sur la voie publique, et les actes de violence subis par Mme Shan et M. Zhen constituent une violation de la loi. Le vol de documents, la tentative de saisie du téléphone et la destruction d’effets personnels relèvent d’infractions assimilables à de l’intimidation, de la coercition et une entrave à la liberté d’expression et d’information.
Face à ces agressions, une plainte pour vol avec violence a été déposée au commissariat de police de Malartic. Des images et des vidéos de l’incident sont disponibles pour appuyer ces accusations.
L'exportation de la persécution : la surveillance et l'infiltration des diplomates chinois
Il convient de souligner qu’à cette occasion, le Consul de Chine était présent lors de la fête des lanternes, comme l’indique un article d’un journal local.
Cet élément doit être mis en perspective avec les recherches menées par l’Institut de Recherche de l’École Militaire française (IRSEM) sur les ingérences chinoises, notamment concernant l’exportation de la persécution au-delà des frontières chinoises. L’IRSEM note que :
« Les diplomates chinois relaient eux aussi – et alimentent- la propagande communiste à l’étranger, contribuant ainsi à la diffamation et à la haine anti Falun Gong: “Au cours des années précédentes en effet, plusieurs affaires avaient notamment mis en évidence le rôle des diplomates chinois dans la surveillance, l’infiltration et le harcèlement d’un certain nombre de groupes considérés comme dissidents, dont en particulier les […] Falun Gong.” »







