Un nouveau projet de loi américain cible la persécution religieuse menée par le PCC ; les services de renseignement allemands citent le Falun Gong parmi les cibles de Pékin à l’étranger
À gauche : le dôme du Capitole des États-Unis. (Domaine public) À droite : l’entrée de l’Office fédéral allemand de protection de la Constitution (BfV), à Cologne. (BfV)
En août 2026, deux gouvernements ont pris des mesures contre la persécution des croyants religieux menée par le Parti communiste chinois (PCC), citant explicitement, l’un comme l’autre, les pratiquants de Falun Gong parmi les groupes visés.
Le 7 août, deux sénateurs américains, l’un républicain et l’autre démocrate, ont présenté un projet de loi qui ouvre la voie à des sanctions américaines contre les responsables chinois impliqués dans des violations de la liberté religieuse. Le 20 août, l’Office fédéral allemand de protection de la Constitution (BfV) a publié une brochure sur la répression transnationale, qui cite la Chine parmi les principaux acteurs et les pratiquants de Falun Gong parmi les groupes ciblés par Pékin sur le sol allemand.
Des sanctions demandées à Washington
Le 7 août, les sénateurs Ted Budd (républicain de Caroline du Nord) et Tim Kaine (démocrate de Virginie) ont présenté le projet de loi S. 5370, intitulé Loi pour lutter contre la persécution des groupes religieux en République populaire de Chine (Combatting the Persecution of Religious Groups in the People’s Republic of China Act). Ce texte obligerait le gouvernement américain, chaque fois qu’il identifie un responsable chinois coupable d’atteinte à la liberté religieuse, à déterminer également si ce responsable s’est rendu coupable d’une violation grave des droits de l’homme — une conclusion qui entraîne le gel des avoirs et l’interdiction de visa en vertu de la loi « Global Magnitsky » en vigueur.

Les abus mentionnés comprennent la détention arbitraire, la stérilisation forcée, la torture et le travail forcé, ainsi que de graves restrictions à la liberté de religion ou de croyance, d’expression et de circulation visant des groupes ethniques et religieux minoritaires. Les groupes cités sont les bouddhistes tibétains, les chrétiens, les musulmans ouïghours et les pratiquants de Falun Gong. Fait notable, cette disposition s’applique aux abus commis « en République populaire de Chine ou partout dans le monde ».
Le projet de loi demande également que les programmes du département d’État surveillent la répression transnationale exercée par le PCC contre ces groupes. Il exige aussi que l’ambassadeur itinérant pour la liberté religieuse internationale présente chaque année aux commissions des affaires étrangères du Sénat et de la Chambre des représentants un rapport sur les sanctions imposées aux responsables chinois pour des violations des droits de l’homme.
Un deuxième projet de loi au Sénat
Une mesure connexe a déjà bien avancé. Le projet de loi S. 4009, intitulé Loi sur la protection du Falun Gong et des victimes de prélèvements forcés d’organes (Falun Gong and Victims of Forced Organ Harvesting Protection Act), a été déposé en mars 2026 par le sénateur Ted Cruz (républicain du Texas), avec le sénateur Jeff Merkley (démocrate de l’Oregon) comme cosignataire initial. Il a été présenté à l’ensemble du Sénat le 27 juillet et inscrit au calendrier du Sénat, où il attend désormais d’être soumis au vote en séance plénière.
Le projet de loi a obtenu le soutien de cosignataires des deux partis : outre Jeff Merkley, les sénateurs Adam Schiff (démocrate de Californie), Ron Wyden (démocrate de l’Oregon), Todd Young (républicain de l’Indiana), Ron Johnson (républicain du Wisconsin) et Mike Rounds (républicain du Dakota du Sud). Quatre autres sénateurs se sont joints à eux en août : Catherine Cortez Masto (démocrate du Nevada), Roger Marshall (républicain du Kansas), David McCormick (républicain de Pennsylvanie) et Raphael Warnock (démocrate de Géorgie).
Le S. 4009 obligerait le président, dans les 180 jours suivant sa promulgation, à soumettre une liste de personnes étrangères dont il est établi qu’elles ont sciemment et directement participé à des prélèvements forcés d’organes en Chine ou les ont facilités. Cette liste devrait ensuite être tenue à jour, et les personnes qui y figurent seraient soumises à des sanctions consistant à bloquer leurs avoirs et à leur interdire l’obtention de visas. Il obligerait séparément le secrétaire d’État à rendre compte au Congrès des politiques et pratiques de la Chine en matière de transplantation d’organes, notamment en ce qui concerne les prisonniers de conscience et, spécifiquement, les pratiquants de Falun Gong.
Allemagne : la persécution qui suit les gens jusque dans l’exil
Le 20 août, l’Office fédéral allemand de protection de la Constitution (Bundesamt für Verfassungsschutz, BfV), le service de renseignement intérieur du pays, a publié une brochure publique sur la répression transnationale intitulée « Des chaînes invisibles — La persécution jusque dans l’exil ».
Le BfV cite la Chine, aux côtés de l’Iran et de la Russie, parmi les principaux acteurs. Concernant la Chine, elle affirme que les dirigeants politiques utilisent leurs services de renseignement, ainsi que les organismes que ces services chargent d’agir ou qu’ils contrôlent, pour surveiller et intimider leurs détracteurs dans le monde entier, par des moyens allant de la surveillance et des menaces au harcèlement et à l’intimidation ciblés.
Selon la brochure, les personnes concernées en Allemagne comprennent des militants chinois, des détracteurs allemands de l’État à parti unique, ainsi que des membres de groupes que le PCC considère comme hostiles à son système : les Ouïghours, les Tibétains, les pratiquants de Falun Gong, et les partisans du mouvement démocratique de Hong Kong et de Taïwan.
La brochure recense différentes méthodes, notamment la coercition et la contrainte, la censure, la collecte clandestine de renseignements, la diffamation en ligne, les cyberattaques, l’intimidation des membres de la famille restés dans le pays d’origine, ainsi que l’utilisation abusive des mécanismes internationaux d’application de la loi, comme les avis de recherche visant certaines personnes pour des motifs politiques. Elle souligne que nombre de ces pratiques restent juste en dessous du seuil permettant d’engager des poursuites pénales ou ne peuvent être clairement attribuées à un cas précis.
Elle définit également les intermédiaires comme des personnes, des organisations ou des services qui agissent dans l’intérêt d’un service de renseignement étranger hostile ou d’un autre organisme étatique, sans toutefois en faire partie. Il peut s’agir notamment d’agences de détectives privés, d’étudiants, de collègues de travail des membres de groupes ciblés, d’associations culturelles originaires du pays concerné ou encore de réseaux de criminalité organisée. Selon le BfV, les puissances étrangères confient de plus en plus souvent l’exécution de ces opérations à des intermédiaires, de sorte que leurs auteurs n’ont aucun lien officiel avec l’État qui les dirige.

Photo : Dirk Sukow/Bild.de
Les tribunaux allemands ont déjà jugé une affaire de ce type impliquant le Falun Gong. En septembre 2025, la Cour régionale supérieure de Dresde a condamné Guo Jian, un ressortissant allemand d’origine chinoise et ancien assistant parlementaire d’un député du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) au Parlement européen, à quatre ans et neuf mois de prison pour activité de renseignement particulièrement grave au profit de la Chine. Le tribunal a établi que Guo Jian avait transmis à son contact chinois des informations concernant la résolution adoptée en janvier 2024 par le Parlement européen, qui condamnait la persécution du Falun Gong par le PCC et faisait notamment référence à l’emprisonnement du pratiquant Ding Yuande dans la province du Shandong.
Les mêmes méthodes documentées aux États-Unis
Les tactiques répertoriées par le BfV correspondent étroitement à celles que le Falun Dafa Information Center (FDIC) a documentées aux États-Unis.
Dans une enquête nationale publiée en juin, le Falun Dafa Information Center (FDIC) a recueilli 1080 réponses de pratiquants de Falun Gong aux États-Unis et il a recensé 646 cas jugés crédibles de répression transnationale entre 2020 et 2025. Les tactiques signalées comprennent des agressions physiques, du harcèlement verbal, des dégradations de biens, des menaces de violence, de la censure, de la surveillance ainsi que des représailles contre des proches restés en Chine.
Des incidents ont été recensés dans au moins 30 États américains et le nombre de cas signalés en 2025 était plus de dix fois supérieur à celui enregistré en 2020. Dans 138 des 646 cas recensés, l’implication directe d’entités gouvernementales chinoises a été établie.
Les tribunaux américains et des chercheurs indépendants ont également documenté ce même schéma. En novembre 2024, Ping Li, 59 ans, originaire de Wesley Chapel, en Floride, a été condamné à quatre ans de prison et à une amende de 250 000 dollars pour avoir conspiré en vue d’agir comme agent du gouvernement chinois sans en informer le procureur général conformément à l’obligation légale (18 U.S.C. §951). Selon les documents judiciaires, Ping Li a été pendant plus de dix ans un « contact coopératif » du ministère chinois de la Sécurité d’État, auquel il fournissait des informations sur des dissidents chinois, des défenseurs de la démocratie et des pratiquants de Falun Gong aux États-Unis, notamment, en 2012, le nom et les informations biographiques d’un pratiquant qui résidait à St. Petersburg, en Floride.
Dans un rapport publié en janvier 2026, Graphika, une société spécialisée dans l’analyse des réseaux sociaux, a identifié un réseau de 43 noms de domaines et de 37 sous-domaines, diffusant des messages favorables à Pékin, tout en usurpant l’identité de grands médias occidentaux, notamment The New York Times, The Guardian et The Wall Street Journal. Graphika a constaté que le Falun Gong, Shen Yun Performing Arts et le fondateur du Falun Gong figuraient parmi les principales cibles de ce réseau. L’entreprise a également identifié des comptes sur les réseaux sociaux, probablement liés à l’opération d’influence Spamouflage, qui publiaient simultanément des messages identiques critiquant le Falun Gong et Shen Yun, tout en partageant des liens vers les sites usurpés.
Ressources pour les victimes
En Allemagne, le BfV invite toute personne qui pense être approchée, soumise à des pressions ou menacée par un service de renseignement étranger, à contacter sa ligne confidentielle de signalement, accessible 24 heures sur 24. Les personnes confrontées à une menace immédiate sont invitées à contacter la police. Aux États-Unis, le FBI recueille les signalements sur son site tips.fbi.gov et par téléphone. Il est également conseillé aux victimes de déposer une plainte auprès de la police locale, de demander un numéro de dossier et de conserver tous les éléments de preuve.
Le Falun Dafa Information Center continue de recenser ces cas dans le monde entier et invite toute personne concernée à les signaler aux autorités compétentes ainsi qu’au FDIC, à l’adresse [email protected].
Article d’origine:
https://faluninfo.net/new-u-s-bill-targets-ccp-religious-persecution-german-intelligence-names-falun-gong-among-beijings-overseas-targets/








