Un ex-commissaire de police condamné à 3,5 ans de prison après le décès de sa femme en détention pour possession des Neuf Commentaires sur le Parti Communiste
Il y a vingt ans, la publication des Neuf Commentaires sur le Parti Communiste a révélé au grand jour les réalités brutales du régime communiste en Chine. Aujourd’hui encore, ce livre inspire de nombreuses personnes, mais ceux qui le partagent continuent de subir la répression du régime.
C’est le cas de M. Zhang Aiquan, un ancien commissaire de police devenu pratiquant de Falun Gong. Il lutte actuellement pour faire appel de sa condamnation à 3,5 ans de prison, prononcée après une vaste rafle policière menée en novembre 2023 contre les pratiquants de Falun Gong à Dongying, dans la province du Shandong. Les autorités surveillaient M. Zhang et au moins 18 autres pratiquants depuis plusieurs mois avant son arrestation. En juillet 2024, le tribunal du district de Dongying l’a condamné, et il est actuellement détenu au centre de détention de Binhai.
Un acharnement qui dure depuis plus de 20 ans
Ce n’est pas la première fois que M. Zhang est persécuté. Depuis que le Parti communiste chinois (PCC) a lancé sa répression contre le Falun Gong en 1999, il a été licencié, envoyé dans un camp de travail forcé et soumis à une surveillance constante.
Ancien commissaire au Centre de contrôle du trafic de la police de Binhai, il a été arrêté une première fois en juillet 2000 lorsque des dizaines de policiers ont pris d’assaut son domicile. Quelques mois plus tard, il a été condamné à trois ans dans un camp de travail forcé.
Mais la persécution ne s’est pas arrêtée là. En mai 2005, les autorités ont découvert qu’il distribuait des exemplaires des Neuf Commentaires sur le Parti Communiste et du matériel dénonçant la répression contre le Falun Gong.
Arrestation et torture en détention
Le 13 mai 2005, la police fait une descente chez M. Zhang et saisit des exemplaires du livre. Lui et sa femme, Mme Wang Mingyun, sont arrêtés.
- Battu jusqu’au sang, M. Zhang est conduit dans un centre de détention clandestin installé dans un hôtel. Il y est enchaîné à une chaise métallique pendant neuf jours, privé de sommeil et soumis à des décharges électriques pour le forcer à révéler l’origine des documents saisis.
- Le 22 mai 2005, il est transféré dans un centre de détention où il sera attaché à un cadre de lit pendant plus d’un mois.
Le 28 juillet 2006, le tribunal de Huaitai, à Dongying, le condamne à huit ans de prison, tandis que Mme Wang est condamnée à sept ans et demi.
Dans la prison de la province du Shandong, M. Zhang subit des tortures répétées :
- Tabassé par des gardiens et des détenus sous leurs ordres, il est battu pendant deux jours consécutifs par huit prisonniers, jusqu’à tomber dans un état de choc.
- Ses blessures sont si graves qu’il ne peut plus marcher pendant plusieurs semaines et souffre de douleurs persistantes au bras droit, à la jambe droite et au dos, même après sa libération.
- Pendant toute cette période, sa famille est interdite de visite.
Mme Wang : une mort tragique après des années de souffrances
Mme Wang Mingyun est, elle aussi, envoyée en prison, où elle subit des tortures inhumaines :
- Forcée de rester debout sans bouger pendant plus de 40 jours, ne dormant que 2 à 3 heures par nuit.
- Passée à tabac par des détenues encouragées par les gardiens.
- Empêchée d’acheter des produits de première nécessité, et privée de visites familiales.
- Forcée à ingérer des substances inconnues administrées par les gardiens.
Son état se détériore rapidement : cheveux prématurément blancs, dents déchaussées, poussées de boutons sur tout le corps, hypertension critique. À plusieurs reprises, elle est hospitalisée, son état étant jugé critique par les médecins de la prison. Sa famille demande une libération pour raison médicale, mais la demande est rejetée.
Les autorités vont jusqu’à exiger que sa famille paie ses soins médicaux en prison.
Le 19 novembre 2012, Mme Wang est libérée après avoir purgé sa peine. Mais elle est dans un état critique. Trois mois plus tard, le 11 février 2013, elle décède. Elle avait 52 ans.
Un combat qui continue
Aujourd’hui, M. Zhang continue de subir la persécution du Parti communiste chinois. Après sa dernière arrestation en 2023, il lutte pour faire appel de sa nouvelle condamnation à 3,5 ans de prison.
Son crime ? Avoir possédé et partagé un livre dénonçant les crimes du Parti communiste.
Les Neuf Commentaires sur le Parti Communiste ont exposé les mensonges et la brutalité du régime chinois. Depuis leur publication, ils ont inspiré le mouvement Tuidang (退党), qui a conduit des millions de Chinois à renoncer publiquement à leur affiliation au PCC.
En révélant la destruction de la culture chinoise traditionnelle, la persécution des minorités, et les mécanismes de répression du régime, ce livre a donné un nouvel espoir à ceux qui aspirent à un avenir sans oppression.
Mais comme l’histoire de M. Zhang et de sa femme le prouve, exposer la vérité en Chine a un prix. Un prix que des milliers de pratiquants de Falun Gong continuent de payer chaque jour, en silence, derrière les barreaux.
Source : https://faluninfo.net/widower-sentenced-to-3-5-years-wife-died-after-being-jailed-for-possessing-the-nine-commentaries/





