L’UE adopte une résolution condamnant les prélèvements forcés d’organes sur des pratiquants de Falun Gong par le régime communiste chinois

Le Parlement européen

Le Parlement européen

Le 5 mai 2022, le Parlement européen a adopté une résolution, exprimant de « sérieuses inquiétudes » face aux prélèvements continus, systématiques et inhumains d’organes sur des citoyens chinois considérés comme des dissidents, en particulier des pratiquants de Falun Gong. Les signataires ont donc chargé « son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, à la vice-présidente de la Commission/haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, aux gouvernements et aux parlements des États membres, au gouvernement et au parlement de la République populaire de Chine et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. »


Cette résolution fait suite à de nombreuses autres résolutions préparatoires ainsi qu’à des jugements, des articles de la constitution européenne, des auditions ou des pactes internationaux, et prend sa fondation sur la Déclaration Universelle des droits de l’homme. Il s’agit donc d’une résolution mûrement réfléchie, préparée et qui prend sa source dans les valeurs fondamentales de liberté de pensée et de croyance et du droit à chacun de disposer de son corps.

Constat fait par le parlement

Le parlement européen fait alors mention de « la promotion et [du] respect des droits de l’homme, de la démocratie et de l’Etat de droit […] au cœur des relations de l’UE avec la Chine » et rappelle l’engagement pris par la Chine de respecter ces droits fondamentaux. Or, force est de constater que « depuis l’arrivée au pouvoir du président Xi Jinping en mars 2013, la situation des droits de l’homme en Chine n’a cessé de se détériorer ».  Le texte parle même « d’hostilité » du gouvernement chinois vis-à-vis de l’idée même d’Etat de droit et de droits de l’homme.

Pour illustrer cela, l’OMS considère que plus de 10 000 greffes illicites génèrent des profits colossaux (plus d’un milliard d’euros de profit par an selon l’OMS). Dans la tradition chinoise, les personnes défuntes doivent être enterrées avec leurs organes, il n’y a donc pas de politique de don volontaire d’organes. C’est sans doute la raison principale pour laquelle le gouvernement chinois a mis en place, dès 1984 « des réglementations autorisant le prélèvement d’organes sur des prisonniers exécutés », afin d’être en mesure de fournir des organes aux patients en attente de greffe. Suite aux pressions internationales, la Chine « a déclaré avoir cessé d’utiliser des organes de prisonniers exécutés en 2015 et lancé un système national de don, sans toutefois jamais interdire complètement cette pratique, qui reste toujours légale. » On voit ici clairement que le PCC n’a que faire des pressions ou incitations internationales à adopter une politique mue par l’éthique, mais qu’il est plus intéressé par le profit financier à court terme, au risque d’y perdre toute humanité.

Par conséquent, puisqu’aucune garantie ni engagement ne sont respectés, il est évident que « le système de transplantation d’organes en Chine n’est pas conforme aux exigences de l’OMS en matière de transparence et de traçabilité des voies d’obtention d’organes ». De plus, « le gouvernement chinois s’est opposé à un examen indépendant du système », ce qui ajoute encore à l’opacité du système totalitaire. Pour couronner le tout, à aucun moment il n’est fait mention du « consentement volontaire et éclairé » du donneur. Où est donc l’éthique médicale en matière de dons et de greffes d’organes ? 

La résolution stipule donc que ces prélèvements forcés d’organes doivent « être compris comme le meurtre d’une personne sans son consentement » dans le but de vendre lesdits organes au profit du gouvernement lui-même, à des patients fortunés et peu regardants sur la provenance des greffons. Il s’agit là d’une « violation flagrante et intolérable du droit fondamental à la vie », autre forme de torture caractérisée, car ces prélèvements forcés entraînent inévitablement le décès du « donneur » non consentant.

La résolution prend également appui sur les conclusions rendues par le China Tribunal (tribunal indépendant qui s’est réuni à Londres en 2019), qui ont établi « au-delà de tout doute raisonnable » que « des prélèvements forcés d’organes avaient été commis pendant des années dans toute la Chine à grande échelle et que les pratiquants de Falun Gong avaient été l’une – et probablement la principale – source d’approvisionnement en organes ». Il est à noter que le gouvernement chinois a refusé de témoigner devant ce Tribunal.

On est donc face à « un large éventail de violations inacceptables des droits de l’homme et de l’éthique médicale ». En effet, comment justifier que les organes soient prélevés de force sur des prisonniers quels qu’ils soient mais plus encore sur des prisonniers de conscience qui n’ont violé aucune loi et qui veulent simplement se conformer au principe de « Vérité, Bienveillance, Patience » qui sous-tend le Falun Dafa ?

Devant le système machiavélique mis en place par le gouvernement chinois qui fait subir de force des examens médicaux de toute sorte à ses propres ressortissants, les transformant ainsi en de véritables banques d’organes dont le gouvernement peut disposer à sa guise, comment ne pas éprouver un dégoût profond ? Comment peut-on fermer les yeux sur ce genre d’agissements ? Le gouvernement chinois a pourtant déjà eu des questionnements de la part des experts des droits de l’homme des Nations Unies en 2006 et 2007 mais les réponses fournies sont évasives, non chiffrées et tout laisse à penser qu’elles sont faussées et/ou manipulée pour tromper la communauté internationale. Le gouvernement chinois n’agit ici pas mieux qu’une vulgaire mafia sans foi ni loi, trafiquant de corps humains au détriment de son propre peuple et dans un but exclusivement lucratif. Et cela va encore plus loin, car « le gouvernement chinois a nié les accusations de prélèvement d’organes, notamment dans sa réponse au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, et a nié à plusieurs reprises et catégoriquement que des pratiquants de Falun Gong aient été tués pour leurs organes ».

Inquiétudes exprimées de la part de la communauté européenne

Il est ainsi légitime, et même souhaitable, que l’ensemble de la communauté européenne « exprime sa profonde inquiétude face aux informations faisant état de prélèvements d’organes persistants, systématiques, inhumains et sanctionnés par l’État sur des prisonniers en République populaire de Chine, et plus particulièrement sur des pratiquants de Falun Gong et d’autres minorités telles que les Ouïghours, les Tibétains et les chrétiens ».

Pourtant la Chine a « ratifié la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, qui prévoit l’interdiction absolue et sans dérogation de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ». Comme le souligne Sir Geoffrey Nice, QC, président du China Tribunal, il s’agit sans l’ombre d’un doute d’un « gouvernement criminel ».

La Chine fait donc face à de graves accusations, malheureusement fondées, de crimes contre l’humanité. La résolution demande à ce que le gouvernement chinois « [réponde] rapidement aux allégations de prélèvement d’organes et [autorise] une surveillance indépendante par les mécanismes internationaux des droits de l’homme, y compris le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme ».
Un autre aspect de cette situation criminelle en Chine est le fait que « les familles des détenus et prisonniers décédés sont empêchées de réclamer leur corps ». En effet, dans la plupart des cas rapportés les familles ont appris que le corps de leur parent avait été incinéré, sans qu’aucune demande d’autorisation préalable n’ait été demandée.

Prise de position du Parlement Européen

La résolution exhorte l’Union Européenne à demander instamment aux autorités chinoises « d’adopter un cadre réglementaire, conforme aux conventions internationales, pour un système de don d’organes volontaire et transparent ». De plus, l’Union Européenne doit condamner fermement et sans équivoque la pratique des prélèvements forcés d’organes et empêcher la pratique de « tourisme de transplantation » de la part de ses ressortissants, en les informant et en les sensibilisant à cette cause essentielle pour le respect des droits de l’homme.

Cette résolution permettrait donc d’une part, de demander à ce que la Chine se conforme « pleinement aux exigences de l’OMS en matière de transparence et de traçabilité dans les voies d’obtention d’organes » et d’autre part, de veiller à ce que les « conventions et accords de coopération avec des pays tiers, dont la Chine, dans le domaine de la santé et de la recherche respectent les principes éthiques de l’Union en matière de don d’organes et d’utilisation à des fins scientifiques d’éléments et produits du corps humain ». Cela inciterait par ailleurs chaque membre de l’UE à prendre ses responsabilités vis-à-vis de la Chine « en matière de médecine de transplantation, de recherche et de formation ».

Il est en effet grand temps que les autorités chinoises autorisent l’accès à leurs données médicales et cela, sans entraves, afin de « traiter en priorité la question des prélèvements forcés d’organes ».

La résolution prise par le Parlement Européen est sans aucun doute une grande avancée dans le combat contre les violations des droits de l’Homme. Reste à souhaiter que chaque Etat s’engage dans cette cause juste et qui nous concerne tous.

Lien vers article original en français:

L’UE adopte une résolution condamnant le prélèvement forcé d’organes de pratiquants de Falun Gong par le régime communiste chinois
Version anglaise :
EU Passes Resolution Condemning Chinese Communist Regime’s Forced Organ Harvesting of Falun Gong Practitioners

Version chinoise :
欧洲议会通过决议-关注法轮功学员被活摘器官