« Notre famille heureuse a été anéantie » : le témoignage glaçant d’une survivante de la persécution du Falun Gong
Xiaoxiao raconte en vidéo son parcours et celui de sa famille, victimes de la persécution. La vidéo est accessible en fin d'article ⬇️
Une pratiquante originaire du nord-est de la Chine témoigne des tortures subies en détention et de la mort de son père en prison. Son récit met en lumière la brutalité de la répression qui frappe cette pratique spirituelle depuis juillet 1999.
PÉKIN — C’est le récit d’une famille brisée par vingt-cinq ans de persécution. Celui d’une femme dont le père est mort en prison après des années de tortures, et qui a elle-même survécu à des traitements inhumains dans les geôles chinoises. Un témoignage qui s’ajoute aux milliers d’autres documentant la répression systématique du Falun Gong par le régime de Pékin.
Une pratique familiale devenue cible du régime
En 1997, Xiaoxiao (WANG Hongyan de son vrai nom) et sa famille, originaires du nord-est de la Chine, découvrent le Falun Gong, pratique spirituelle basée sur les principes de « Zhen, Shan, Ren » (Authenticité, Compassion, Tolérance). Comme des dizaines de millions de Chinois à l’époque — entre 70 et 100 millions selon les estimations —, ils adoptent cette discipline combinant méditation et exercices physiques.

« Grâce à la pratique du Falun Gong, toute ma famille a bénéficié d’une bonne santé et d’une grande harmonie », témoigne Xiaoxiao.
Mais en juillet 1999, le Parti communiste chinois (PCC) lance une campagne d’éradication massive contre cette pratique spirituelle, perçue comme une menace par le pouvoir en raison de son ampleur.
Un père torturé à mort en prison
Le père de Xiaoxiao fait partie des premières victimes. Arrêté à plusieurs reprises, il est d’abord envoyé un an en camp de rééducation par le travail (laojiao), puis condamné à sept ans de prison.
Derrière les murs, il subit des tortures systématiques. Parmi les plus cruelles figure le supplice dit du « lit d’étirement » (shen chuang, 抻床) : la victime est suspendue par les quatre membres, son poids corporel reposant entièrement sur ses articulations. « Soumise à cela pendant longtemps, la victime pouvait en devenir handicapée », précise le témoignage.
En 2007, après des années de sévices, cet homme meurt en détention. « Ce qui a été un coup dur pour toute notre famille », confie sa fille.
« Quinze heures par jour sur un tabouret »
Xiaoxiao elle-même n’échappe pas à la répression. Arrêtée une première fois, elle est détenue dix jours dans un centre de détention. Lors d’une seconde arrestation, elle est condamnée à deux ans et demi de prison.
Les conditions de détention qu’elle décrit relèvent de la torture : alimentation forcée par sonde nasale avec « de l’eau salée très concentrée et du lait en poudre extrêmement épais », provoquant des troubles intestinaux sévères. Pendant des mois, elle est contrainte de rester assise sur un petit tabouret 15 à 16 heures par jour, de 5h30 à 20h30, « sans pouvoir se laver, se doucher ou même aller aux toilettes ».
« Une fois, cela a duré plus d’une dizaine d’heures d’affilée, dépassant les limites physiques d’un être humain », précise-t-elle.
Des prises de sang inquiétantes
Un détail de son témoignage retient particulièrement l’attention : durant ses six mois de détention, Xiaoxiao a subi deux prises de sang pour analyses. Un protocole qui interroge au regard des allégations, documentées par plusieurs enquêtes internationales, de prélèvements forcés d’organes sur des pratiquants de Falun Gong détenus.
Ces accusations ont notamment fait l’objet du rapport Kilgour-Matas (2006-2007) et du China Tribunal, un tribunal indépendant siégeant à Londres, qui a conclu en 2019 que ces prélèvements étaient avérés et se poursuivaient.
Un appel à la justice internationale
« En raison de la persécution brutale des pratiquants de Falun Gong par le PCC et de la pratique généralisée du prélèvement d’organes sur des personnes vivantes, toute notre famille a été anéantie », dénonce Xiaoxiao.
Son appel s’adresse à la communauté internationale : « Nous lançons un appel aux personnes éprises de justice pour qu’elles contribuent à mettre fin à cette persécution en Chine. »
Un cri qui résonne alors que, malgré vingt-cinq ans de persécution, des millions de pratiquants continuent de résister pacifiquement en Chine, au péril de leur vie.
Le rapport annuel 2025 de la Commission exécutive du Congrès américain sur la Chine (CECC), publié le 10 décembre 2025 à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’homme, place à nouveau le Falun Gong au centre de ses préoccupations concernant les violations des droits humains en Chine.





