Une pratiquante de Falun Gong de Tianjin condamnée à une deuxième peine de prison
Tianjin, China. (Credit: stefanofiorentino via Canva)
Madame Sun Shuhua, pratiquante de Falun Gong âgée de 58 ans et résidant dans le village de Fuzhuangzi, canton de Houjiaying, comté de Ji, municipalité de Tianjin, a été condamnée par les autorités locales, le 19 juillet 2024, à un an et six mois de prison. Sous prétexte d’une amende, la somme de 10 000 yuans (environ 1 410 dollars américains) lui a en outre été extorquée.
Déjà en 2009, Mme Sun Shuhua avait été illégalement condamnée à un an de travaux forcés. Elle avait alors subi des persécutions dans le camp de rééducation par le travail pour femmes de Tianjin.
Madame Sun Shuhu a été arrêtée le 13 avril 2009 et soumise à un an et deux mois de travaux forcés. Elle a été cruellement torturée et contrainte d’effectuer un labeur non rémunéré au camp de rééducation par le travail pour femmes de Tianjin (voir rapport connexe pour plus de détails). À chaque visite, les gardiens du camp ordonnaient à son mari de venir accompagné de leurs deux jeunes enfants, dans le but de la contraindre à renoncer à sa foi. Lors de ces longs trajets, les enfants, victimes du mal des transports, étaient pris de vomissements et éclataient en sanglots en apercevant leur mère derrière les barreaux. Ébranlé par cette souffrance, son mari en vint à lui reprocher sa persévérance dans la pratique du Falun Gong. Malgré cela, Mme Shuhua demeura inébranlable dans sa croyance. En raison de sa détermination à ne pas abjurer sa foi, sa peine fut prolongée de deux jours. Elle fut libérée le 15 juin 2010.
Madame Sun Shuhua est née le 20 novembre 1966 et a commencé à pratiquer le Falun Dafa à la fin de l’année 1998. Peu de temps après avoir débuté cette pratique, elle a vu disparaître un ensemble de maladies chroniques et réputées incurables dont elle souffrait depuis longtemps, notamment des affections oculaires persistantes, des troubles cardiaques liés à une sensation de chaleur interne, des maladies gynécologiques, une spondylose cervicale, des douleurs dorsales, ainsi que d’autres pathologies tenaces.
Après que le Parti communiste chinois (PCC) a lancé sa campagne de persécution contre le Falun Gong en 1999, Mme Sun Shuhua a été la cible de harcèlement, d’enlèvements, de détentions arbitraires, et envoyée dans des camps de travaux forcés. Là, elle a subi des tortures aussi bien physiques que psychologiques, d’une extrême brutalité.
Les parents de Mme Sun Shuhua ont eux aussi été profondément affectés. Lorsque sa sœur aînée a été condamnée à quatre années de prison pour sa pratique du Falun Gong, leur père, accablé de chagrin, est tombé gravement malade et est décédé en 2012. Leur mère, quant à elle, a sombré dans une profonde détresse psychique avant de s’éteindre peu de temps après.
Voici le récit de Mme Sun Shuhua concernant la persécution qu’elle a subie il y a dix ans :
« J’ai obtenu le Fa à la fin de l’année 1998. Après avoir commencé la pratique, j’ai compris les principes fondamentaux d’un être humain véritable. J’ai compris que je devais suivre le principe Authenticité- Bienveillance- Tolérance, cultiver mon [caractère moral], penser d’abord aux autres, les considérer avec bienveillance, rechercher mes propres lacunes face aux conflits, et m’imposer une discipline stricte pour me souvenir en toute circonstance et en tout lieu du principe Authenticité-Bienveillance- Tolérance afin de devenir une bonne personne.
Les effets extraordinaires du Falun Gong dans le soulagement des maladies et l’amélioration de la santé ont fait disparaître totalement mes maladies oculaires, ma chaleur cardiaque, mes troubles gynécologiques, ma spondylose cervicale et mes douleurs dorsales. Je me suis rétablie sans même m’en rendre compte. Je mène une vie détendue et heureuse chaque jour, et l’harmonie règne au sein de ma famille.
Depuis juillet 1999, j’ai été cruellement persécutée par Jiang Zemin et ses complices en raison de ma persévérance dans mes convictions.
Le 13 avril 2009, j’ai été enlevée par la police du poste de Sangzi alors que je me trouvais sur le marché de Sangzi. Dans l’après-midi, les agents de la Sécurité nationale du comté de Jixian m’ont conduite à mon domicile, qu’ils ont perquisitionné illégalement. À dix heures du soir, j’ai été transférée au centre de détention de Jixian, où j’ai été détenue de manière arbitraire pendant plus de quarante jours. Durant cette période, les policiers du poste de Sangzi et les agents de la Sécurité nationale m’ont à plusieurs reprises contrainte à avouer des faits fabriqués et à apposer mes empreintes digitales. Ils m’ont dit qu’il était inutile d’engager un avocat.
Je suis handicapée et je me déplace à l’aide de béquilles. À mon arrivée au centre de détention, la police m’a confisqué les béquilles. Incapable de me déplacer, je suis restée assise chaque jour sur une planche servant de lit, ce qui a entraîné un manque total d’exercice pour mes jambes et mes pieds. De mes genoux jusqu’aux pieds, je ressentais un froid intense, des engourdissements, des gonflements. Je n’avais plus aucune sensation, et il m’était impossible de me tenir debout sans appui. J’ai expliqué ma situation au directeur du centre, mais celui-ci, redoutant d’en porter la responsabilité, a ordonné qu’un avis me soit remis dès le lendemain matin, m’informant de ma condamnation illégale à un an et deux mois de rééducation par le travail.
Lorsque j’ai quitté le centre de détention, mes jambes ne me permettaient plus de marcher normalement.
À mon arrivée au camp de travaux forcés pour femmes de Tianjin, j’ai été placée à l’isolement dans la première brigade. Le personnel du camp a alors désigné une toxicomane, Yang Wenhua, assistée de deux auxiliaires, pour me soumettre quotidiennement à un lavage de cerveau. Elles me forçaient à regarder des vidéos calomniant le fondateur du Falun Gong et m’ordonnaient de rédiger les « trois déclarations » [documents de renoncement à la pratique], de réciter le règlement carcéral, de rédiger des rapports idéologiques et des bilans mensuels. Malgré plus de quatre mois de persécutions intensives, je n’ai jamais écrit les « trois déclarations ».
La cheffe d’équipe convoqua alors la prisonnière chargée de me surveiller et lui dit : « Travaille bien, tu pourras bénéficier d’une réduction de peine. » Dès lors, cette détenue, les deux assistantes et la cheffe d’équipe, Wei Hui, unirent leurs efforts pour exercer sur moi une pression constante. Yang Wenhua me menaçait en affirmant qu’il n’y avait que deux extrêmes : soit me faire tenir debout aussi longtemps qu’elle le souhaitait, soit m’obliger à rester assise aussi longtemps qu’elle le désirait.
Chaque jour, à partir de cinq heures du matin, j’étais contrainte de me tenir debout à angle droit, face au mur, jusqu’au petit-déjeuner. On ne m’accordait que trois minutes pour manger, puis je devais rester debout jusqu’au déjeuner, qui durait également trois minutes, et ensuite jusqu’au dîner, encore limité à trois minutes. Je restais ensuite debout jusqu’à ce que toutes les détenues aient terminé leur toilette. On m’accordait alors vingt minutes pour me laver, puis je devais de nouveau rester debout jusqu’à minuit, avant d’avoir enfin le droit de regagner le dortoir pour dormir.
J’ai été contrainte de rester debout de cette manière pendant plus d’un mois. Puis les supplices ont évolué : on me forçait à rester debout le front contre le mur, le nez contre le mur, le ventre contre le mur ou les orteils contre le mur — pendant dix-sept à dix-huit heures par jour. Cela a duré un certain temps, jusqu’à ce que l’on me contraigne ensuite à rester assise dans des postures de torture : trois pieds seulement du tabouret posés au sol, le dos et les jambes parfaitement droits, les mains sur les genoux, le regard fixe devant moi. Il m’était interdit de baisser la tête, de fermer les yeux, de parler à qui que ce soit ou de regarder quiconque. Si je transgressais l’une de ces règles, on me frappait la tête avec les mains. Je devais rester assise ainsi, dix-sept à dix-huit heures par jour, parfois sans eau, parfois avec à peine de quoi me nourrir. Comme je refusais de coopérer à leurs exigences, ils m’interdisaient même l’accès aux toilettes.
Tous les pratiquants de Falun Gong qui refusaient de se “transformer” — c’est-à-dire de renier leur foi — étaient soumis à une surveillance stricte et à des persécutions systématiques. Les gardiens de prison eux-mêmes frappaient personnellement les pratiquants. En plein hiver, ils faisaient traîner certains d’entre eux à l’extérieur pour les exposer au froid glacial pendant plusieurs heures. D’autres pratiquants de Falun Gong ont également été soumis à des gavages brutaux.
La cheffe d’équipe utilisait également les liens familiaux pour me contraindre à « me convertir ». Chaque fois que ma famille venait me rendre visite, elle obligeait mon mari à venir accompagné de ma fille et de mon fils. Les deux enfants pleuraient, souffraient du mal des transports et vomissaient, ce qui poussait mon mari à exprimer son mécontentement à mon égard.
Le camp de travaux forcés m’obligeait également à travailler : enfiler des fleurs artificielles, coller des boîtes à bijoux. Je n’avais pas le droit de faire des courses. J’étais enfermée chaque jour dans une petite cellule, sous une surveillance stricte. Chaque journée semblait durer une année entière.
Du 13 avril 2009, date de mon enlèvement, au 15 juin 2010, jour de la fin de ma rééducation par le travail illégale, s’est écoulée une année et deux mois complètes. Le camp de travaux forcés m’a même détenue illégalement deux jours supplémentaires.
À mon retour à la maison, mon mari a demandé le divorce à plusieurs reprises. Ma sœur a également été condamnée illégalement à quatre ans de prison par le Parti communiste chinois pour sa pratique du Falun Gong. Mes parents âgés ne pouvaient supporter la persécution que subissaient leurs deux filles. Mon père est décédé en 2012, et ma mère, tombée malade mentalement, est décédée peu de temps après.
Environ un an après mon retour à la maison, un jour, sept ou huit personnes venues du « Bureau 610 » de Tianjin, du poste de police de Sangzi et du poste de police de Houjiaying ont fait irruption chez moi et ont effectué une perquisition illégale. Une policière m’a interrogée pour savoir si j’écrivais des articles pour Minghui. Les policiers du poste de Sangzi ont fouillé deux pièces à la recherche d’un ordinateur. Ils m’ont également contrainte à rédiger une déclaration garantissant que je ne pratiquerais plus le Falun Gong, sous peine d’être arrêtée. Leurs actions ont tant effrayé mon beau-père qu’il est tombé par terre, incapable de se relever. Ma belle-mère, elle, était tremblante de peur, en pleurs et incapable de parler. La policière a aussi menacé que si elle voyait encore mon nom apparaître sur Minghui, elle viendrait me chercher. Le lendemain, deux policiers du poste de Houjiaying sont revenus me harceler. Peu après, deux hommes et une femme du gouvernement du canton de Houjiaying sont également venus m’importuner.
En 2014, quatre policiers sont de nouveau venus nous harceler. Ils ne se sont pas présentés et n’ont pas précisé leur unité d’appartenance. Ils ont fouillé les deux pièces de la maison. Ma belle-mère était si effrayée qu’elle tremblait de tout son corps, le visage rouge, incapable de parler.
Toute notre famille, jeunes et âgés, vivait chaque jour dans la peur. Parfois, nous n’osions même plus ouvrir la porte, ne sachant pas quand quelqu’un reviendrait nous harceler. Nous vivions dans la panique.»
Article d’origine:
https://faluninfo.net/58-year-old-falun-gong-practitioner-from-tianjin-arrested-again-after-severe-persecution-from-sentence-15-years-ago/





