“On n’a pas le droit de déshumaniser les victimes” Falun Gong

Le 25 avril, Pamela Rougerie, journaliste au Parisien, a publié un article réducteur et  mensonger sur les croyances et la situation de la pratique spirituelle du Falun Gong, tout en discréditant des médias concurrents. 

Les opinions exprimées par la journaliste nous semblent dangereuses dans un contexte où les pratiquants de la méditation Falun Gong continuent d’être la cible de l’une des plus cruelles et des plus longues persécutions de l’histoire de la Chine contemporaine. 

Dans une interview sur BFMTV, Raphael Glucksman rappelle ce qui a rendu possible le génocide des Tutsi au Rwanda : ils ont été la cible de diffamations permanentes dans les médias pendant 20 ans. Or depuis 22 ans c’est aussi en raison de la diffamation du Falun Gong dans les médias chinois que les pratiquants de cette méditation bouddiste sont la cible, massivement, de délations par certains de leurs concitoyens, d’arrestations arbitraires, de tortures et de meurtres par prélèvements d’organes. 

  1. la déshumanisation des victimes fait croire que l’ennemi est la victime, c’est l’étape numéro un de tout génocide
  2. selon l’avocat des droits de l’homme David Matas, il s’agit d’un génocide froid parce qu’il ne se voit pas, s’étale sur une longue période de temps, l’objectif reste de supprimer les victimes en raison de leurs convictions.

Un silence suspect au cœur de terribles atrocités

Pourquoi ce génocide perdure-t-il depuis 22 ans ? C’est en partie en raison du silence assourdissant des médias occidentaux sur le sujet… Sans parler d’articles comme celui-ci du Parisien qui reprennent résolument la rhétorique du régime génocidaire.

Selon le China Tribunal de Londres qui a rendu ses conclusions en juin 2019, les Falun Gong sont la cible principale de ce crime contre l’humanité que sont les meurtres par prélèvements forcés d’organes.  Ces faits ont été l’objet de nombreuses enquêtes journalistiques indépendantes, notamment par la journaliste Justine Reix du magazine Vice ou encore le Figaro. 

Pourquoi Pamela Rougerie n’en fait-elle aucune mention ?

Des mensonges flagrants

Le terme de “secte” pour qualifier le Falun Gong n’est apparu en Chine que le jour où le régime chinois a décidé de persécuter ses pratiquants, le 20 juillet 1999. Avant cette date, non seulement le Falun Gong avait reçu le prix d’”École Qigong vedette” (gymnastique chinoise), mais le gouvernement chinois en faisait même la promotion, y compris par le biais de ses ambassades. C’est ainsi que le président de l’Association Falun Gong France, Alain Tong a découvert le Falun Gong en mars 1995 comme le mentionne ici Rue 89

À juste titre, la journaliste du Parisien cite la Miviludes et l’Unadfi organes de veille sur les sectes en France qui confirment n’avoir reçu aucune plainte au sujet du Falun Gong en France. 

Alors pourquoi diffamer le Falun Gong dans le titre même de l’article ? 

Des sous-entendus impliquant des actes de maltraitance ou pire encore

Des déclarations plus subtiles, mais non moins trompeuses, ont également été énoncées dans cet article du Parisien.

En citant un “historien spécialiste de la Chine”, la journaliste indique que la personne parle sous couvert d’anonymat parce qu’elle « craint les intimidations du mouvement  ». Or l’article ne présente aucune preuve relative à cette « crainte d’intimidation », mais la connotation de violence qu’il tente de véhiculer est à l’opposé de la nature pacifique de la pratique du Falun Gong et de la manière dont les pratiquants de Falun Gong se comportent.

De nombreuses personnalités qui ont eu l’occasion de côtoyer de près des personnes pratiquant le Falun Gong peuvent confirmer qu’un tel sentiment de crainte est sans fondement.

David Kilgour, ancien Secrétaire d’État canadien pour l’Asie-Pacifique, décrit les Falun Gong comme « des gens merveilleusement doux et gentils, sans une once de méchanceté en eux ».

Le docteur Arthur Waldron, professeur émérite en relations internationales dans le département d’histoire de l’Université de Pennsylvanie, a déclaré que les pratiquants de Falun Gong  « sont des personnes exceptionnelles à tout point de vue : intelligentes, instruites, travailleuses, morales dans leur comportement, courageuses. »

En réalité, depuis plus de 20 ans, des millions de personnes à travers la Chine ont subi une violence et une oppression terribles, et il n’y a pas un seul cas connu de pratiquant de Falun Gong qui ait levé la main en représailles contre son oppresseur. En revanche, dans un cas rapporté par le Centre d’Information du Falun Dafa, un pratiquant de Falun Gong est venu en aide à sa sœur victime de violences domestiques. Et au lieu d’arrêter l’agresseur, la police chinoise a détenu le protecteur et l’a condamné à sept ans de prison en raison de ses convictions personnelles.

Mais là encore, aucun de ces contextes n’est inclus dans l’article, qui abandonne ses lecteurs avec l’idée que le Falun Gong est un groupe de personnes promptes à faire subir aux autres des « représailles » – une idée qui est, pour user d’un euphémisme, très trompeuse.

Le préjudice politique

Le Parisien tente également d’attribuer un profil politique spécifique à l’ensemble du Falun Gong, ce qui est totalement fallacieux.

Les pratiquants de Falun Gong dans leur ensemble ainsi que le fondateur du Falun Gong, Monsieur Li Hongzhi, n’ont aucune ambition politique. En fait, Monsieur Li a demandé à plusieurs reprises aux pratiquants de Falun Gong de ne pas impliquer leur pratique dans la politique. Bien sûr, les pratiquants de Falun Gong ont, à titre personnel, leurs propres convictions qui couvrent tout le spectre politique, du très social au très conservateur, et tout ce qui se trouve entre les deux. 

En outre, lorsqu’on se penche sur le soutien que le Falun Gong a reçu, en Europe et aux Etats Unis, il est évident que le Falun Gong est un sujet qui n’a aucun partisan spécifique.

Si l’on considère la dernière proposition de loi de la députée Frédérique Dumas dénonçant, notamment, la persécution du Falun Gong en Chine, les 65 parlementaires français qui l’ont cosignée sont de toutes tendances politiques.

« Nous n’avons pas connaissance des rouages de The Epoch Times, pris en même temps pour cible en tant que concurrent du Parisien, et ne pouvons donc pas commenter les points soulevés dans cet article », a déclaré Monsieur Alain Tong, président de l’Association Falun Gong France. « Cependant, étant donné les mensonges propagés à propos du Falun Gong, il est raisonnable de mettre en doute l’objectivité, si ce n’est l’intégrité, de l’article dans son ensemble ».

Pour conclure

Faluninfo France demande au journal le Parisien à suivre le conseil de Raphaël Glucksmann à propos de toutes les “minorités” opprimées : ne plus relayer toutes les politiques, influences et/ou préjugés visant à diffamer les Falun Gong et empêchant un reportage juste et précis sur ses pratiquants et les persécutions dont ils font l’objet en Chine. Il exhorte le journal à faire en sorte que l’information, et l’information toute entière, soit correctement rapportée.

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