FDIC : Nouveaux éléments sur les prélèvements forcés d’organes par le PCC. Le Congrès américain étudie de nouvelles sanctions

Des parlementaires ont entendu des témoignages lors de l’audition du 14 mai intitulée : « Un marché bâti sur les victimes : mettre fin au trafic illégal d’organes en Chine et au-delà ». 

Les auteurs de trois nouveaux ouvrages consacrés aux prélèvements forcés d’organes systématiques orchestrés par le Parti communiste chinois (PCC) ont témoigné le 14 mai devant la Commission exécutive et parlementaire sur la Chine du Congrès américain (CECC) : ils ont apporté leur expertise sur les violations des droits de l’homme commises par le régime chinois. 

Le Centre d’information sur le Falun Dafa (FDIC) a déposé un témoignage écrit au dossier, comprenant de nouvelles données issues d’une récente enquête. Celles-ci corroborent les informations faisant état de tests médicaux systématiques pratiqués sur des pratiquants détenus par le PCC — un élément clé du système de prélèvements forcés d’organes du régime chinois. 

Cette récente enquête  a recueilli 1 080 réponses de pratiquants de Falun Gong répartis dans 41 États, représentant environ 10 % de la communauté Falun Gong aux États-Unis. Cette population présente une grande diversité démographique, et plus d’un tiers des personnes interrogées ont déclaré avoir été détenues ou emprisonnées en Chine.

Parmi les personnes ayant été détenues ou emprisonnées en Chine, 56 % ont déclaré avoir subi des analyses sanguines ou d’autres examens médicaux, notamment des radiographies, des examens cardiaques, des tests de la vue, des échographies ainsi que des prélèvements d’ADN. 

Ces personnes interrogées ont cité 113 établissements situés dans 20 provinces et municipalités de Chine où ces examens médicaux auraient été pratiqués. Les dates des examens mentionnées dans les réponses s’échelonnent de 1999 à 2024, alors même que les autorités chinoises ont affirmé en 2015 avoir cessé de s’approvisionner en organes provenant de prisonniers.

« Le fait qu’un ancien détenu sur deux ait déclaré avoir subi ces examens montre à quel point cette pratique est répandue en Chine », a déclaré Levi Browde, directeur exécutif du FDIC. 

Le FDIC a également présenté des éléments montrant que des pratiquants de Falun Gong en Chine ont été contraints de se soumettre à des analyses sanguines alors qu’ils n’étaient pas en détention.

Les premières preuves des prélèvements forcés d’organes par le PCC ont émergé au début des années 2000. Depuis, plusieurs enquêtes indépendantes, rapports et ouvrages ont suggéré que cette pratique s’effectue à une échelle industrielle et qu’elle se poursuit encore aujourd’hui. Un tribunal populaire indépendant réuni à Londres a conclu à l’unanimité en 2019 que les prélèvements forcés d’organes ont lieu « dans toute la Chine, à grande échelle ». 

À l’époque, le tribunal a conclu que les pratiquants de Falun Gong constituaient la principale cible des prélèvements forcés d’organes orchestrés par le PCC et il a exprimé ses inquiétudes quant au risque pesant également sur les musulmans ouïghours.  

L’un des témoins de l’audition du 14 mai, Ethan Gutmann, a présenté des éléments montrant que ces craintes se sont réalisées. Son nouvel ouvrage, The Xinjiang Procedure, relate son enquête clandestine récente menée à la frontière kazakhe et apporte de nouvelles preuves des prélèvements forcés d’organes systématiques orchestrés par le PCC sur de jeunes Ouïghours détenus dans des camps de concentration. 

La CECC a également entendu le témoignage de Kalbinur Sidik, une survivante du génocide perpétré par le PCC contre les Ouïghours. L’ancien ambassadeur itinérant des États-Unis pour la liberté religieuse internationale, Sam Brownback, récemment auteur de China’s War on Faith (« La guerre de la Chine contre la foi »), a témoigné sur la liberté religieuse et les droits de l’homme en tant qu’impératifs de politique étrangère. Enfin, Jan Jekielek, auteur de Killed to Order: China’s Organ Harvesting Industry and the True Nature of America’s Biggest Adversary (« Tués sur commande : l’industrie du prélèvement d’organes en Chine et la véritable nature du plus grand adversaire de l’Amérique »), a partagé des preuves issues de son nouveau livre, fruit de vingt ans d’enquêtes.  

Le fait que des pratiquants de Falun Gong et des Ouïghours soient pris pour cible s’inscrit, comme nous l’avons entendu aujourd’hui, dans une campagne plus vaste de persécution religieuse menée par la RPC (République populaire de Chine), qui touche également les chrétiens de Chine, et s’accompagne d’une répression ethnique et d’une déshumanisation », a déclaré le représentant James Walkinshaw. « Et cette commission doit continuer à examiner ces allégations, à veiller à ce que ces abus soient consignés et à faire pression pour qu’elles cessent. »

L’audience était dirigée par le coprésident de la commission, le représentant Chris Smith (républicain du New Jersey), défenseur de longue date des droits de l’homme au Congrès. 

« La transplantation éthique d’organes est une démarche noble qui permet de sauver des vies. Mais ce que nous examinons aujourd’hui est son opposé absolu. Il s’agit de la transformation de personnes emprisonnées et persécutées en de simples marchandises : des cœurs, des foies, des reins, des poumons, des cornées prélevés sur des vivants, vendus à des personnes désespérées, dissimulés derrière les murs des hôpitaux et protégés par le secret, la corruption, la peur et la puissance de l’État », a déclaré M. Smith. 

En 2025, M. Smith a déposé un projet de loi visant à sanctionner les auteurs de prélèvements forcés d’organes, lequel a été adopté à l’unanimité par la Chambre. 

Le comité des affaires étrangères du Sénat est désormais saisi d’un projet de loi bipartisan — la loi sur la protection du Falun Gong et des victimes de prélèvements forcés d’organes (S.4009) — qui permettrait de sanctionner les auteurs de prélèvements forcés d’organes et exigerait l’ouverture d’une enquête pour déterminer si le prélèvement forcé d’organes doit être légalement qualifié d’atrocité. 

La FDIC comptabilise 14 lois contraignantes ciblant le prélèvement forcé d’organes et le tourisme de transplantation commerciale promulguées en Israël, en Espagne, à Taïwan, en Italie, en Norvège, en Belgique, au Royaume-Uni, au Canada, au Texas, dans l’Utah, l’Idaho, le Tennessee, l’Arkansas et l’Arizona.

« Le Congrès devrait immédiatement examiner et adopter la loi sur la protection du Falun Gong et des victimes de prélèvements forcés d’organes (S.4009), qui obligerait le gouvernement américain à imposer des sanctions aux personnes étrangères ayant sciemment et directement participé à des prélèvements forcés d’organes en Chine ou les ayant facilités », a déclaré M. Browde.

Découvrez l’intégralité de notre témoignage traduit en français ici.
(version originale en anglais ici)

Article d’origine:
https://faluninfo.net/fdic-brings-new-evidence-on-ccps-forced-organ-harvesting-as-congress-weighs-fresh-sanctions/