20 ans après leur publication, les Neuf Commentaires continuent d’inquiéter le PCC

Des pratiquants de Falun Gong à Toronto, Canada, et des chinois ayant rejoint le mouvement "Quitter le PCC" se sont rassemblés à Queen's Park pour célébrer le 20e anniversaire de la publication des Neuf Commentaires, le 2 novembre 2024. (Source : Minghui.org)

Des pratiquants de Falun Gong à Toronto, Canada, et des chinois ayant rejoint le mouvement "Quitter le PCC" se sont rassemblés à Queen's Park pour célébrer le 20e anniversaire de la publication des Neuf Commentaires, le 2 novembre 2024. (Source : Minghui.org)

Le 19 novembre 2004, des rédacteurs anonymes ont publié une série d’éditoriaux, les Neuf Commentaires sur le Parti Communiste Chinois, dans un média chinois étranger, déclenchant un mouvement général d’éveil des consciences et d’émancipation en Chine, porté par des millions de pratiquants de Falun Gong.

Vingt ans après leur publication, les commentaires demeurent percutants en tant que critique de la brutalité du PCC, tout en exhortant les citoyens chinois à se dissocier du parti et de son héritage violent. Bien que les commentaires aient reçu peu d’attention en occident, ils continuent de circuler en Chine. En outre, les services locaux du PCC dans plusieurs provinces ont appelé en 2024 les citoyens à rester vigilants et à dénoncer ceux qui diffusent ces commentaires, révélant ainsi les préoccupations actuelles du régime sur la censure des éditoriaux.

Les Neuf Commentaires sur le Parti Communiste Chinois

Les Neuf Commentaires ont été publiés pour la première fois par un journal chinois expatrié, le Dajiyuan. Ils détaillent l’histoire du parti communiste en Chine, mettant l’accent sur son bilan en matière de droits de l’homme et sur des épisodes tels que la révolution culturelle, le grand bond en avant, le massacre de la place Tiananmen et la répression du Falun Gong.

Au-delà de la simple description d’événements historiques, la série porte également un jugement sur la nature du PCC lui-même en tant qu’entité intrinsèquement inhumaine et immorale, dont la philosophie est en contradiction totale avec les valeurs chinoises traditionnelles issues du confucianisme, du bouddhisme et du taoïsme. La série présente une vision apolitique, mais morale de l’avenir de la Chine et de la voie vers la transformation, et exhorte les lecteurs à examiner calmement et courageusement comment leur propre conduite et leur complicité ont contribué à l’état actuel des choses.

Le mouvement Tuidang

Peu après la publication des éditoriaux, le site Dajiyuan a reçu des lettres de lecteurs renonçant à leur affiliation au PCC. Ils ont alors commencé à compiler les déclarations, lesquelles sont disponibles à l’adresse https://global.tuidang.org/. En quelques mois, des millions d’exemplaires de la série d’éditoriaux ont été envoyés par courrier électronique, par fax ou par courrier en Chine continentale. Des milliers de personnes ont rapidement commencé à visiter le site web (avec l’aide de technologies anti-censure) pour publier leurs déclarations, se défaisant de leurs liens avec le parti communiste, la ligue de la jeunesse communiste ou les jeunes pionniers. En l’espace d’un an, ils sont devenus des millions.

Aujourd’hui, plus de 430 millions de noms ont été publiés sur le site web de Tuidang, renonçant au PCC et à ses organisations affiliées. Les auteurs des déclarations sont issus de tous horizons: du paysan à l’intellectuel de renom, de l’instituteur au militaire retraité, de l’avocat défenseur des droits de l’homme à l’agent de police en civil. Si certains utilisent leur vrai nom, la plupart signent leurs déclarations avec des pseudonymes en raison du risque de représailles. L’utilisation de pseudonymes rend difficile la corroboration indépendante de certaines déclarations.

Néanmoins, un examen des déclarations recueillies révèle clairement que ce mouvement est d’une ampleur et d’une diversité extraordinaires et qu’il revêt une importance tant personnelle que spirituelle pour ses participants. En outre, plusieurs militants chinois des droits de l’homme et de la démocratie de premier plan, ainsi que des transfuges du PCC, ont publié leurs propres déclarations Tuidang au fil des ans, notamment Gao Zhisheng, Hu Jia, Wei Jingsheng, Yang Jianli, Guo Guoting, Zheng Enchong, Chen Yonglin, Hao Fengjun et Li Fengzhi.

Pourquoi les pratiquants de Falun Gong partagent-ils les Neuf Commentaires ?

Depuis 2004, les Neuf Commentaires constituent une pièce maîtresse du contenu diffusé par les pratiquants de Falun Gong, tant en Chine qu’au sein de la diaspora chinoise. Si, à première vue, il s’agit d’une forme d’activisme politique, une étude universitaire de 2011 sur le phénomène a montré que l’objectif des personnes impliquées n’est pas de renverser le PCC.

Au contraire, comme le note Freedom House:

« la campagne découle de la conviction que le PCC est à bout de souffle, mais que pour assurer une transition pacifique vers une forme de gouvernement moins répressive, le peuple chinois doit entreprendre un processus d’éveil moral et s’engager dans la non-violence. »

Le mouvement Tuidang est, à bien des égards, moins une révolution politique ou un changement institutionnel qu’un renouveau spirituel et éthique. En qualité de discipline dont l’objectif est l’épanouissement spirituel, le Falun Gong en tant que mouvement n’a jamais cherché et ne cherchera jamais à obtenir le pouvoir politique.

Comment les chinois découvrent-ils les Neuf Commentaires dans un contexte de censure stricte de la part du PCC ?

Comme on peut s’y attendre de la part d’un régime autoritaire, le PCC s’est donné beaucoup de mal pour censurer les Neuf Commentaires et empêcher les chinois d’en avoir connaissance ou d’y accéder. Des études sur la censure d’internet en Chine ont montré que des termes tels que « neuf commentaires » et « tuidang » étaient mis sur liste noire et que ceux qui partageaient les commentaires risquaient d’être arrêtés et emprisonnés.

Pourtant, les pratiquants de Falun Gong et d’autres acteurs du mouvement Tuidang ont trouvé des moyens créatifs de diffuser des informations à ce sujet. Ils ont ainsi partagé des vidéos, envoyé des messages sur les médias sociaux, passé des appels téléphoniques à la police et à des citoyens ordinaires, ou inscrit le numéro de la ligne d’assistance téléphonique du centre Tuidang sur des billets de yuan. En effet, les personnes qui assurent ces permanences téléphoniques rapportent qu’elles reçoivent régulièrement des appels de personnes en Chine ayant reçu de tels billets et qui appellent par curiosité ; à la fin de la conversation, beaucoup ont compris l’objectif du mouvement Tuidang et expriment le souhait de se retirer du PCC.

L’appareil de sécurité du PCC est bien au fait de ces efforts. Un article publié par le comité du comté d’Uzumqin du PLAC en Mongolie intérieure en mars 2024 reconnaît que les moyens utilisés par les pratiquants de Falun Gong pour diffuser les Neuf Commentaires (ainsi que des messages tels que « Vérité, Compassion et Tolérance est bon ») comprennent « des sites web étrangers, des microblogs ou des groupes QQ, et l’affichage secret de documents [en public] ».

En 2024, le PCC est-il toujours préoccupé par les Neuf Commentaires ?

Le Centre d’Information sur le Falun Dafa a trouvé de nombreuses mentions des Neuf Commentaires publiées sur les sites web du gouvernement chinois au cours de l’année 2024. Les rapports des agences de sécurité publique et des agences juridiques des différentes provinces, du Shandong au Sichuan en passant par la Mongolie intérieure, montrent que le Parti considère ce mouvement d’ampleur comme un défi majeur à sa suprématie idéologique.

Ces déclarations gouvernementales, tout en dénigrant les Neuf Commentaires, suggèrent le doute quant à la capacité du mouvement Tuidang à briser la censure du PCC concernant sa propre histoire, à démêler l’endoctrinement politique du peuple chinois et à encourager une liberté idéologique. Dans plusieurs cas, des articles publiés par la Commission des Affaires Politiques et Juridiques du PCC (PLAC) ont diffusé des informations erronées sur les Neuf Commentaires et les pratiquants de Falun Gong. Dans un cas, un parquet local a publié une directive appelant les citoyens à dénoncer aux autorités les pratiquants de Falun Gong qui partagent les Neuf Commentaires.

Le 12 avril 2024, le parquet d’Ansai Yan’an, dans le Shaanxi, a encouragé les citoyens à dénoncer les pratiquants de Falun Gong diffusant les Neuf Commentaires :

« Si quelqu’un fait la promotion du « Falun Gong », des « Trois retraits », des « Neuf commentaires », etc. auprès de vous, ou vous transmet du matériel (CD, livres, documents imprimés, etc.), vous devez appeler la police immédiatement et aider les organes de sécurité publique à mettre un terme à leur comportement. »

Une influence durable pour l’avenir de la Chine

Les efforts continus du gouvernement chinois pour étouffer le débat sur les Neuf Commentaires témoignent de leur importance. Les Neuf Commentaires et le mouvement Tuidang sont des marqueurs durables pour une autre vision de la société chinoise, distincte du discours officiel du PCC, et ils trouvent un écho particulier auprès de ceux qui recherchent une plus grande transparence et une plus grande liberté.

À l’occasion du 20e anniversaire de leur publication, les Neuf Commentaires sur le Parti Communiste restent un catalyseur important pour le changement en Chine. En déclenchant un mouvement populaire qui encourage les citoyens à rejeter le PCC, les Neufs Commentaires ont contribué à un changement culturel et idéologique plus large, qui aspire à l’autonomie personnelle et à la non-violence. Cet anniversaire ne marque pas seulement deux décennies d’impact, mais souligne également la pertinence actuelle des Neuf Commentaires en tant que référence pour ceux qui envisagent un avenir libre et ouvert pour la Chine.

Article d’origine:
https://faluninfo.net/20-years-after-its-publication-the-nine-commentaries-instills-fear-in-the-chinese-communist-party